Avec Nicole Kidman, Tim Roth, Frank Langella, Robert-Bruce Lindsay, Paz Vega, Roger Ashton-Griffiths, André Penvern et Yves Jacques.
Quand elle épouse le prince Rainier (T. Roth) en 1956, Grace Kelly (N. Kidman) est alors une star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Hitchcock (R. Ashton-Griffiths) lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c’est aussi le moment ou la France menace d’annexer Monaco, ce petit pays dont elle est maintenant la princesse. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement Son Altesse Sérénissime, la princesse Grace de Monaco.
Durée : 1h42
Distribution : Métropole Films
En salles depuis le 19 décembre 2014
Par Corinne Bénichou
Le réalisateur et scénariste français (La Vie en rose) évoque, ici, une autre artiste célèbre avec sa fiction biographique sur Grace Kelly, mais il est loin du savoir-faire qu’il a eu avec Marion Cotillard dans le rôle d’Édith Piaf, pour lequel elle a reçu l’Oscar de la meilleure actrice en 2008.
Le film se veut une confrontation entre l’art, la politique et l’image. Il est à signaler qu’il a fallu trois ans pour que celui-ci soit porté à l’écran. Outre le scénario mis sur une liste noire, une divergence entre le producteur américain et le cinéaste, sur le contenu de l’histoire et la façon de la raconter, en était les causes.
La période choisie est bien précise, elle se situe entre 1956 et 1962 mais c’est surtout les deux dernières années qui sont développées alors que la jeune femme est la maman de Caroline et d’Albert.
Les premières images montrent la route où la princesse est morte en 1982, puis la fin d’un tournage hollywoodien et sur des archives en noir et blanc, l’arrivée de l’actrice à Monaco pour se marier avec Rainier.
Plusieurs thèmes sont abordés au cours de cette histoire : La crise avec le général De Gaulle (A. Penvern) au moment de la guerre d’Algérie. L’enjeu politique et humain du couple Grimaldi, l’envers du conte de fée (beaucoup de scènes de pleurs !) versus le glamour protocolaire du Rocher. La trahison fomentée par la jalousie des proches, la relation de confiance avec le père Francis Tuck (F. Langella), sous forme d’apartés révélateurs et enfin, l’angle humanitaire par lequel la princesse réussit à trouver sa place et à s’imposer publiquement.
Dans les références cinématographiques, vous retrouverez les scènes de voiture filmées en style Hitchcockien.
D’ailleurs, à ce sujet, la rencontre est purement fictive entre le maître du suspens et la Princesse, à propos de son retour à l’écran, car à ce moment là, il terminait le montage de son film Les Oiseaux.
Dans les rôles secondaires, Robert-Bruce Lindsay en Aristote Onassis et Paz Vega en Maria Callas volent la vedette dès leurs apparitions à l’écran. L’élégance et la silhouette de Nicole Kidman l’avantage pour évoluer dans la peau de Grace Kelly mais c’est le charme de cette dernière qui lui fait vraiment défaut. Quant à Tim Roth, qui lui donne la réplique, n’a rien du prince charmant, bien au contraire.
Par contre, les décors reconstitués dans des studios belges sont bien rendus et les costumes appropriés, contrairement aux dialogues, la langue anglaise est utilisée de façon inconvenante, même dans les scènes entre Français !
Pour information, suite à la lecture du synopsis consacré à leur mère, les enfants Grimaldi ont signalé de nombreuses inexactitudes historiques, en plus des scènes de fiction. Ils ont donc décidé de ne pas cautionner le récit proposé.
Ce film, ni complaisant, ni léger, est fade. Il n’aura certainement pas la carrière de son prédécesseur.