Avec Fabrizio Bentivoglio, Matilde Gioli, Valeria Bruni Tedeschi, Guglielmo Pinelli, Fabrizio Gifuni, Gigio Alberti et Valeria Golino.
La veille de Noël, au bord du lac de Côme, en Italie, un délit de fuite mortel bouleverse la vie du fils (G. Pinelli) d’un riche homme d’affaires (F. Gifuni) et celle de sa petite amie (M. Gioli), fille d’un agent immobilier (F. Bentivoglio) sur la brèche, qui a tout misé sur un placement risqué avec le financier.
Durée : 1h49
Distribution : Axia Films
En salles depuis le 12 décembre 2014
Par Corinne Bénichou
Le film débute de nuit sur une route provinciale de la Brianza en Lombardie à la veille de Noël. Un cycliste est renversé par une auto. Les mois qui précèdent cet accident sont alors racontés de trois points de vue différents de la même situation éclairant un peu plus les circonstances du drame. Chacun fait l’objet d’un chapitre et se focalise sur un personnage particulier.
Dans le premier chapitre, les protagonistes sont Dino Ossola, agent immobilier, sa fille, Serena et Massimiliano Bernaschi, fils d’un grand homme d’affaire de la région. Le deuxième met en scène Carla Bernaschi, l’épouse de Giovanni Bernaschi. C’est une femme au foyer qui vit dans le luxe. Elle prend de plus en plus conscience de n’être rien pour son mari, trop occupé dans ses affaires. Le troisième s’attarde sur Ossola, fille de Dino. Elle fréquente un lycée huppé ne correspondant pas à sa classe sociale. Officiellement en couple avec Massimilano Bernaschi, elle fréquente en fait le jeune Luca Ambrosini. Le quatrième et dernier relate la découverte du coupable qui provoque un geste tragique de Luca Ambrosini.
Quant à l’épilogue, il se passe plusieurs mois après le drame et dépeint le dénouement de cette malheureuse affaire avec un dédommagement financier appelé « capital humain » (titre du film en langue originale) basé, selon les assurances, sur l’espérance de vie, du revenu potentiel, du nombre et de la qualité des relations affectives du défunt.
L’adaptation réussie du roman Human Capital de l’Américain Stephen Amidon (fouillant les mœurs de la très haute bourgeoisie du Connecticut) confirme que le cinéma italien est toujours vivant !
C’est à partir d’un accident de la route que le réalisateur tisse sa toile autour de ses personnages et construit un scénario solide qui offre des angles ingénieux sur les enjeux sociaux, économiques et familiaux d’un groupe de personnes. Bienvenue dans ce beau panier de crabes où toutes les couches de la Société sont représentées (le conseil d’administration du théâtre en est un exemple). L’ambiance est soutenue et l’histoire racontée de façon intelligente. Chacun dans leur style, les acteurs offrent d’excellentes prestations
Ce film mêlant cupidité, vénalité et bons sentiments sur un fond de spéculation est à voir.
Il capitale umano a été choisi par l’Italie pour la représenter aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.