DeGama Montréal

de gama logoC’est dans le cadre de la soirée de gala du 26 octobre 2015 que l’équipe De Gama a honoré ses six finalistes parmi les vingt lauréats inscrits.

Par Corinne Bénichou

Ces nominations sont la confirmation que ces personnes inspirantes sont appréciées pour leurs œuvres et leur engagement envers la société québécoise.

Les membres du comité de sélection ont choisi :

Mariama Zhouri, Hammer Smith Consulting Group

mariamaIl y a quinze ans, la jeune femme, ayant gagné une bourse dans le programme de développement canadien pour faire une maîtrise aux HEC, quittait son Maroc natal pour se rendre au Québec en mode parachute, sans amis ni famille. « Finalement, je suis tombée en amour avec Montréal et j’ai décidé de rester ! »

Son projet de vie, elle l’exerce avec passion et talent. Consultante en conformité de réglementation et de la gestion de risques, elle côtoie des compagnies d’assurances et des firmes d’investissement. Ces dernières doivent respecter les lois d’un pays et/ou les règlements d’une société. « Par exemple, la loi Cadillac qui lutte contre le blanchiment d’argent, le financement d’activités terroristes et/ou la loi 101 pour la protection de la langue française. »

Ses interventions touchent non seulement des individus, mais également des entreprises et des systèmes. « Je comprends les enjeux et les défis des différents domaines d’expertise comme les avocats, les fiscalistes et/ou les comptables, mais aussi des personnes qui font de l’amélioration de processus. »

Mentor et conférencière, cette professionnelle intervient auprès des nouveaux immigrants afin de les intégrer, de la meilleure manière possible, au marché de l’emploi.  Ses services conseils sont d’ailleurs très appréciés.  « Ici, rien ne nous empêche de réussir ! »

Alexandre Sobolev, artiste iconographe

alexandre 1Originaire du centre de la Russie, à soixante kilomètres de Moscou, ce spécialiste d’icones et de fresques n’exerçait pas son métier dans son pays natal, car sous le régime communiste, les représentations religieuses étaient interdites. « En 1987, le gouvernement a donné à l’église orthodoxe, la permission de pratiquer le culte. C’est à cette période que j’ai découvert cet art. »

Dès lors, il a appris cette technique ancienne. Comme le latin, qui n’est plus parlé depuis longtemps, devenu langue morte et pourtant racine étymologique de plusieurs langages européens, c’était un mystère, lié à l’art religieux, qu’il désirait découvrir. « En Russie,  la vie était tellement dure, le peuple vivait de la même façon que pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des tickets de rationnement. L’économie était basse alors j’ai pensé partir ailleurs en me disant que ça ne pouvait pas être pire ! »

Son arrivé au Québec, le 26 novembre, veille de son anniversaire, avec sa femme et son chien, n’a pas été aussi facile que prévu, ne parlant et n’écrivant ni français ni anglais. « Je suis resté deux semaines avec de grandes difficultés pour me nourrir, ne comprenant ni les emballages, ni les vendeurs. Les premiers jours, je n’ai mangé que les biscuits et bu le café servis dans ma chambre d’hôtel, boulevard René Lévesque à Montréal. J’avoue, j’ai pleuré ! »

Alors, il décide d’apprendre très vite la langue de Molière. « Je suis heureux de m’exprimer en français, c’était mon rêve ! »

En sachant que les Québécois n’étaient plus religieux, dans le sens premier du terme, l’iconographe ne pensait pas continuer son art dans la belle province. « De plus, la pratique orthodoxe est en minorité et l’église catholique n’a pas d’icones. Comme j’avais étudié en design, je me dirigeais plutôt dans cette voie. »

Depuis douze ans, il réalise des commandes privées et œuvre à la restauration d’icônes anciennes. Dernièrement il a effectué des fresques pour une église Cope à Pierrefonds et pour une église orthodoxe à Ottawa. « J’attends une réponse d’un monastère dans le Maine, une église russe en Espagne va très prochainement être construite. Je fais actuellement un gros tableau pour une cathédrale à Saint-Jérôme. »

L’artiste donne aussi des ateliers sur l’iconographie. Il a déjà organisé plusieurs voyages en Russie avec ses élèves.

Marjorie Théodore, Vues et Voix

marjorieSon engagement social dépasse de loin le niveau local. À travers le temps, la jeune femme a développé une vision régionale, nationale et internationale pour répondre aux besoins des gens ayant des déficiences perceptuelles à travers le monde et notamment dans la zone francophone des Amériques. « Les personnes qui ont des troubles d’apprentissage comme l’aphasie et tout ce qui n’est pas visible mais bien présent, ont une déficience perceptuelle. »

D’origine haïtienne, la jeune femme est venue en 1976 au Québec pour étudier.

Depuis seize ans, elle a développé l’organisme, mise sur pied par André Hamel, afin d’aider les aveugles à poursuivre leurs études, en la positionnant au niveau international, car pour elle, un immigrant est un citoyen du monde.

Elle a réussi à avoir une représentation aux Nations Unis. « Celle-ci a amené beaucoup de crédibilité. Nous sommes où les grandes décisions se prennent ! Par exemple, d’abord travaillée à Genève pour l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle, la signature du traité de Marrakech a permis la libre circulation des livres sans les problèmes de droits d’auteurs ! »

Vues et voix est donc présent à Genève et à New-York ! « La magnétothèque a eu son temps. En 2001, j’ai proposé au conseil d’administration une image plus moderne. À l’heure numérique, il fallait rafraîchir le procédé qui est de diffuser la culture. »

La démarche est la même mais maintenant le livre audio peut être  téléchargé. Certains ouvrages, dont les propos sont plus techniques, sont offerts en voix de synthèse. La voix humaine fait le reste ! « Il y a aussi radio M, dans laquelle les sujets sont traités de manière à savoir si c’est accessible aux personnes handicapées ? Il peut s’agir d’un livre, d’un film ou d’un festival. Y-a-t-il des rampes d’accès pour les fauteuils roulants, des indications sonores pour les aveugles ? »

Femme de conviction et d’action, Marjorie Théodore  est aussi secrétaire générale de l’Union Francophone des Aveugles (UFA) représentant soixante compagnies.

Mario Ayala, Teamsters Quebec Local 106

photo 1Sans argent, sans idée de ce qu’il allait devenir, l’homme est arrivé, il y a vingt six ans, ne comprenant pas la langue avec la sensation de s’être trompé de planète !  « Au départ, mon seul but était de quitter le Salvador et la guerre ! Je ne connaissais rien du Canada et encore moins du Québec. J’étais seulement dans un état d’urgence ! »

La première difficulté passée (il a très vite appris le français pour pouvoir comprendre et être compris), il a réfléchi au moyen d’aider les personnes qui avaient les mêmes problèmes que les siens à son arrivée en ville, c’est là que son projet a pris forme. « J’ai commencé par de la traduction, mais ce n’était pas la bonne chose à faire pour les intégrer à la société québécoise. »

Alors, grâce à sa patronne, il a transformé son idée et fait une demande de subvention pour mettre en place des cours de français dans le milieu de travail. « Mon syndicat m’a beaucoup supporté et guidé. Il m’a permis de m’adresser aux bons contacts, aux bons endroits. J’ai eu l’appui qu’il me fallait pour réussir. »

Il est actuellement rendu à son troisième groupe de douze personnes en quatre cours. « Ils sont de tous les niveaux et de toutes origines. »

Totalement intégré, que ce soit à son emploi ou à la maison et même entre latinos américains, c’est le français qui prime. Il avoue ne plus avoir le mal du pays. « Quand je retourne en vacances, tant pour la nourriture que dans mes habitudes, je me languis de revenir au Québec. À l’époque, je n’avais pas le choix de partir. Je ne regrette vraiment pas ma décision. »

Aujourd’hui, il utilise son expérience personnelle pour faciliter aux nouveaux immigrants, leur intégration.

Christophe Danetz, Studio de la relève

christopheArrivé au Québec, il y a vingt ans, le parcours étonnant et émouvant de cet ancien musicien professionnel, d’origine française, donne de l’espoir à tous les décrocheurs de la terre !

En effet, l’homme et surtout le père d’un garçon soutient les jeunes grâce à la musique pour leur donner fierté et estime d’eux-mêmes et leur permettre de donner un sens à leur vie et à leur avenir.

Son projet part d’un amour filial qui s’est développé au fil du temps. « Mon fils a été l’élément déclencheur ! » Depuis 2011, quinze mille enfants sont passés par son organisme. La mise en place a été facilitée par quelques enseignants associés au projet. « Ce dont je suis fier, c’est que malgré les problèmes et les pressions que subissent les écoles, mon projet fonctionne très bien, je suis même obligée de refuser des établissements ! »

Le seul terrain d’entente entre son fils et lui étaient leur passion commune pour la musique, langage universel selon Christophe Danetz. Les programmes existants  étant majoritairement basé sur l’éducation de la matière et généralement réservé aux élites. « Ma fille fait parti d’un programme musical qui offre neuf heures par semaine intégrés aux cours de base. Il faut donc qu’elle soit capable de les incorporer ! C’est certain que les jeunes qui ont plus de difficultés à suivre, loin d’être des idiots, au contraire, n’y ont pas accès. »

Solidaire envers les autres, il s’est demandé comment accrocher les jeunes avec la musique sans utiliser l’outil d’apprentissage mais proposer un levier pour leur permettre de prendre du plaisir ? C’est là que l’idée d’inclure les professeurs de français a germé. Alors en classe, les élèves ont écrit des poèmes que des musiciens professionnels, pour la plupart, ont plaqués sur des mélodies. Les meilleurs résultats sont devenus des chansons qui ont été enregistrées sur un cd. « C’est extrêmement valorisant, car c’est concret. Dans beaucoup de cas, les adolescents ont exprimé leurs peurs, (intimidation) et leurs frustrations (impuissance devant la maladie) entre autres…»

Le protagoniste utilise ses expériences et ses qualités dans ce projet libérateur. Persévérant et doté d’un sens relationnel accru, il est une force et un soutien indéfectible.

Julian Quintero, Nettoiepret

julianFondateur d’une coopérative de travailleurs dans le domaine de l’entretien ménager et l’hygiène en milieu de travail de la grande région de Québec un service de nettoyage personnalisé tant pour les garderies, le commercial et/ou l’institutionnel.

Sa compagnie emploie essentiellement des travailleurs immigrants à qui l’homme enseigne l’intégration réussie et les valeurs québécoises par l’exemple, basé sur sa propre expérience.

L’heureux élu n’a pas pu se déplacer pour recevoir son prix et donc Regards sur la ville n’a pas eu l’occasion de faire une entrevue afin de recueillir ses propos.

Ces six lauréats sont des beaux exemples de contribution au développement économique et social du Québec, société diversifiée et attrayante. Ils sont aussi des modèles à suivre pour les nouveaux arrivants.

La Plaza -EVO
420, Sherbrooke Ouest
Montréal

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