Foglia l’insolent de Marc-François Bernier

foglia‘essai biographique sur le réputé spécialiste en éthique journalistique présente, ici, celui qui a marqué, durant quarante ans, plusieurs générations avec ses chroniques dans le quotidien La Presse. Sa façon bien à lui de dire et de raconter les faits.

Par Corinne Bénichou

Cette méthode a modifié bien des paramètres du métier, car c’est un art que d’écrire à partir de rien. Dans ce sens, Foglia  y a laissé sa marque.

Son origine française, fils d’immigré italien, lui donne des points de vue différents de ses collègues vis à vis du passé et de certaines allégeances (prix Olivier Asselin, entre autres…)

À son arrivée au Québec, il sévit d’abord en région (Estrie/Lac Saint-Jean) avant de poser ses valises à Montréal où il  commence à La Presse en 1963.

Surnommé le mal élevé par Louise Louise Gendron et un cas par Nathalie Petrowski, l’homme s’est forgé au fil du temps (4300 chroniques de 1978 à 2015) une réputation de trouble fête et de provocateur.

Indépendantiste convaincu, sans être nationaliste, il est très critique envers les politiciens des deux côtés, mais le Monsieur n’est pas à un antagonisme près, lui, séparatiste de gauche, fervent défenseur de la langue française et du pays que devrait être le Québec, a travaillé quarante cinq ans au sein d’un journal fondamentalement fédéraliste de par les opinions politiques de son propriétaire qui ne s’est jamais gêné pour en faire régulièrement un instrument de propagande ! Il reconnait d’ailleurs, que sa position ambigüe au sein de ce quotidien pourrait desservir la cause souverainiste en faveur de la famille Desmarais.

Au fil des pages, l’auteur introduit beaucoup de références et ouvre les guillemets pour illustrer les propos assez caustiques et dénués de filtre du journaliste. Ce dernier s’attaque à tout ce qui bouge ou presque sans nuance et avec jubilation que ce soit d’ordre publique ou privé. Certains sujets ont même enflammé les lecteurs et provoqué des courriers incendiaires !

Cet ouvrage de trois cent quatre vingt trois pages (remerciements inclus) est le travail de Marc François Bernier, professeur au département de communication de l’université d’Ottawa, spécialiste de l’éthique, de la déontologie et de la sociologie du journalisme. Il est également l’auteur de la sociobiographie Jean-Pierre Ferland : Un peu plus haut, un peu plus loin.

Aux éditions La Presse

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