Là où Atilla passe… d’Onur Karaman

Avec Émile Schneider, Roy Dupuis, Julie Deslauriers Cansel Elçin, Hafid Stitou et Dylan Gwyn.

atillaAtilla  (É. Schneider), un jeune homme reclus d’origine turque, adopté par un couple québécois Michel (R. Dupuis) et Julie (J. Deslauriers), se réconcilie avec ses origines et son passé grâce à sa rencontre avec Asya (D. Gwyn), une étudiante turque de passage au Québec.

Durée : 1h30
Distribuion : K-Films-Amérique
En salles depuis le 29 janvier 2016

Par Corinne Bénichou

Avec la vague de réfugiés syriens, arrivée au Québec depuis décembre 2015, ce long métrage, qui traite du déracinement et de la difficulté d’intégration, évoque des thèmes universels liés à l’immigration.

Dans une mise en scène sobre, chaque protagoniste est prisonnier de sa solitude, du deuil à faire et des rêves à concrétiser.

Avec un prénom prédestiné, le jeune fait des ravages autour de lui avec son comportement et installe un malaise palpable dans ses interactions avec ses parents dès les premières images, sans oublier le peu de dialogues entre le père et le fils ainsi que la confrontation et la démission provisoire de la mère.

Lorsque le personnage d’Asya entre en jeu, représentante de sa communauté à l’extérieur du pays à travers la musique, la nourriture, les mœurs et en extrapolant de la société turque laïque, elle ouvre une brèche dans laquelle l’adolescent va se glisser. Le retour aux sources. Savoir d’où on vient pour savoir où on va…

Le réalisateur instaure son drame psychologique à l’adolescence, l’âge ingrat, mais le spectateur comprend vite qu’en fait, l’histoire de ce jeune débute réellement dès son enfance et que son traumatisme est lié à ses parents biologiques. Dans ce sens, les métaphores sur la mémoire sont fragmentées, comme celles du grand-père qui la perd à cause de sa maladie.

Malgré la douleur qui l’habite, le personnage finement interprété par Émile Schneider n’attire pas la sympathie. Par contre, le couple malgré sa différence d’acceptation envers sa progéniture est touchant. Les prestations de Julie Deslauriers et Roy Dupuis se complètent et se rejoignent.

Après La ferme des humains, le cinéaste offre, ici, un mélodrame contemporain dans la même veine, mais cette fois sous les traits de la jeunesse.

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