L’homme du sous-sol de Simon Pitaqaj

Jusqu’au 13 février 2016

D’après Les carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski
Mise en scène, scénographie et interprétation de Simon Pitaqaj
Production  du théâtre Liria en codiffusion avec le Groupe de la Veillée

1h20 sans entracte

homme s. sol «L’homme normal… J’envie cet homme. Je ne le nie pas, il est bête. Mais, qu’en savez-vous ? Il se peut que l’homme normal doive être bête.»

Par Corinne Bénichou


D
ans les mêmes temps, Dostoïevski vous est proposé en solo (L’homme du sous-sol) et dans une adaptation à plusieurs personnages (Le Joueur). Ces deux  œuvres, venant d’ailleurs, offre une fenêtre théâtrale sur le monde.

Née de l’aventure personnelle d’un jeune acteur français, d’origine kosovare, basée sur les Carnets du sous-sol, la pièce relate les clichés et la réalité du romancier russe.

L’auteur étant connu comme un homme sombre, tragique et larmoyant, l’acteur a décidé de renverser les choses en créant une cérémonie dans laquelle son personnage ouvre son cœur, montre ce qu’il a de plus intime, son sous-sol, en accueillant les gens chez lui avec dérision, dans une ambiance ludique.

En partageant ses souvenirs, des plus anciens aux plus récents, ces derniers sont transformés, changés, enjolivés et ils apparaissent comme un rêve faisant de toute sa vie, une fête.

Le comédien avoue « C’est un peu le mélange entre ce que je suis, ce que je porte, mes origines kosovares et le texte de Dostoïevski. »

Les dix premières minutes du spectacle, l’acteur se promène au milieu du public dans un espace confiné, avant d’entrer dans la petite salle qui représente son intimité. Il s’amuse avec les spectateurs en les interpellant de façon facétieuse.

À la fois fantaisiste et énergique, il pousse l’auditoire à réfléchir sur ses propos. Sous ses airs loufoques, avec ses nombreux accessoires (dont la photo de Mona Lisa, plus connue sous le nom de la Joconde, les chaises, les pancartes en carton, les bâtons et autres objets), il pose des gestes importants. Le bâillon sur les poupées, la souris prise au piège et le pendu, sont significatifs.

En parlant de sa personne, il évoque l’homme en général et dans ce qu’il a de plus violent et de plus mauvais en lui ! Il parle d’inertie, de pouvoir, du beau, du laid et de la liberté !

Une prestation physique, surprenante et très incarnée !

THÉÂTRE PROSPERO
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Montréal
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