Avec Antoine Olivier Pilon, Sophie Nélisse, Lou-Pascal Tremblay, David Boutin, Patrice Godin, Robert Naylor, Anthony Therrien et Guillaume Gauthier.
À seize ans, Tim (A. O. Pilon) est un jeune homme timide, brillant et doté d’un talent sportif naturel, mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour.
Durée : 1h46
Distribution : Films Séville
Sortie en salles depuis le 13 octobre 2016
Par Corinne Bénichou
Ce drame psychologique, qui a été tourné dans une école en présence des jeunes, a généré une fiction plus que réaliste, un film coup de poing !
Sans être moralisateur, le récit fait le constat, sans faux-semblant, sur une réalité chez les adolescents, l’intimidation. De plus les réseaux sociaux, de plus en plus envahissants dans les vies privées, aggravent ce genre de situation.
Le harcèlement tant psychologique que physique au sein d’un collège peut engendrer des actes tragiques de la part des victimes. Être le bouc émissaire des copains de classe n’est jamais facile à assumer et le refus de se confier aux adultes par crainte de représailles n’arrange en rien la conjoncture.
Prendre les choses en main et tenir tête aux persécuteurs est le seul moyen de s’en sortir, de retrouver l’estime de soi. Ici c’est par la course à pied que le garçon va s’affirmer avec pour objectif de temps 1:54 au fil d’arrivée, d’où le titre ! L’entourage compte beaucoup dans la réussite du processus.
Outre l’impact du thème et sa réalisation tout en crescendo, la photographie de Claudine Sauvé est très efficace.
Les acteurs livrent des prestations sans faille. Fragilité, agressivité et support représentent les entités des personnages principaux. Chacun, son rôle pour une distribution bien choisie et compétente.
Son long métrage est un défi qui a su atteindre la jeune génération et alerter les parents du danger bien réel. Il est également doté d’une conclusion menant au point de rupture.
Il faut protéger les enfants et les aimer quelque soit leur orientation sexuelle et/ou leurs apparences.
Bien sûr, le cinéaste ne réinvente pas la roue, plusieurs œuvres ont déjà évoqué ce problème, chacune de façon différente, il y a juste à penser à Carrie, Breakfast Club et Ben X, entre autres, mais il a eu le courage de montrer une réalité sociale inquiétante dans le milieu scolaire malgré les dénis officiels.