Avec Jorge Antonio Guerrero, Hélène Florent, Claude Legault, Marine Johnson, Gilberto Barazza, Yoshira Escárrega, Amaryllis Tremblay, Maxime Dumontier, Karl Walcott et Normand D’Amour.
Embauché sur une terre agricole au Québec, un jeune Mexicain ayant fui un cartel de drogue tente de retrouver son amour perdu.
Durée : 1h44
Distribution : Les Films Opale
En salles depuis le : 15 octobre 2021
Par Corinne Bénichou
En prémisse de cette histoire, la citation de Steinbeck sur la lumière…
Ce drame canadien, diffusé en première mondiale au récent festival international du film de Toronto, dans la catégorie Platform (œuvres émergentes), met en vedette le chauffeur d’un mafieux mexicain. Suite à la disparition de l’amour de sa vie Marlena (Y. Escárrega), il se rend au Québec afin de la retrouver et se fait embaucher comme travailleur saisonnier sur une ferme en Montérégie.
Les allers-retours Mexique/Québec, racontent brièvement le départ ainsi que la longue et difficile route parcourue par ce jeune homme, puisque quatre ans séparent sa fuite effrénée de son arrivée à Montréal.
À ce moment là, le film offre au spectateur plusieurs réalités qui s’entrechoquent à commencer par les conditions de travail et de vie de ces journaliers étrangers (G. Barazza le conteur et plusieurs figurants, réellement coupeurs de laitue), le malaise du couple québécois Julie et Richard (H. Florent, C. Legault), l’épouse ayant sauter la clôture l’année précédente avec un de ces employés, les dérives montréalaises de leur fille Léa (M. Johnson) qui déclenchera d’ailleurs le malheureux quiproquo et la quête amoureuse de Willy (J.A. Guerrero).
Le réalisateur met également de l’avant la barrière de la langue (français-espagnol) pour mieux s’en servir dans son processus visuel. Avec ses coucher de soleil, il ferait presque croire à une charmante existence dans un cadre bucolique. Sa scène en pleine nuit, sous une forte pluie, dépeint plutôt la vraie relation hiérarchique entre patron et ouvriers qu’un mensonge par omission fait basculer dans l’injustice humaine et désigne le coupable idéal. Le grain de sable dans cette scène est le mutisme et la soumission très (trop) rapide des collègues mexicains !
Les dernières images confirment-elles que la boucle est-elle bouclée ou est-ce le délire de Don Quichotte et de ses moulins à vent qui l’emportent ? La fin de cette aventure laisse la porte ouverte à la spéculation de chacun selon qu’il y voit le verre à moitié plein ou à moitié vide !