Vues d’Afrique – Marcher sur l’eau d’Aïssa Maïga

Sénégal/Mali/Niger/France 2021 – 1h29 en langue fulfuldé et français avec sous-titres français.

Au nord du Niger, Tatiste, victime du réchauffement climatique, se bat pour avoir accès à l’eau. Chaque jour, Houlaye, comme les autres adolescent(e)s, marche des kilomètres pour aller puiser l’eau, essentielle à la vie du village.

Par Corinne Bénichou

Dans ce documentaire touchant basé sur la dignité et la résilience humaine , à l’image de la réalisatrice-actrice, la famille est au centre avec sa réalité est poignante. La caméra est témoin de l’éclatement de cette dernière dans cette zone sahélienne. Malgré tout, l’éducation est importante. L’école se fait en français alors qu’à la maison c’est la langue des Peules qui est parlée.

Au début de la saison sèche, il n’y a presque plus d’eau dans les puits qui font de cent cinquante à cent quatre-vingt mètres de profondeur afin d’aller chercher la nappe phréatique. La conséquence est directe, les enfants sont lavés avec parcimonie et la modération au quotidien est de rigueur. Les pères sont dans l’obligation de partir avec le bétail jusqu’à la saison des pluies et les mères vont vendre leurs potions dans l’état voisin pour récupérer un peu d’argent dans le but de payer les médicaments. Juillet est la saison des pluies , alors la terre reverdit, elle annonce le retour des parents, un des moments forts du film.

Outre la poésie qui s’en dégage, le titre est à prendre au premier degré. En effet, cette communauté (anciennement nomade mais obligée de se sédentariser à cause des changements climatiques) a sous ses pieds toute l’eau dont elle a besoin. Le sous-sol renferme un lac aquifère de plusieurs milliers de kilomètres carrés, mais sans forage, celle-ci est inaccessible ! Après de longs mois d’attente, finalement, en octobre, il est installé et quand l’eau jaillit , la joie est immense sur les visages des enfants car elle est gage d’une meilleure vie pour tous. Émotion garantie.

L‘idée d’approcher Aïssa Maïga s’est faite en 2018 après la défection du réalisateur Guy Lagache. Il a fallu un an de captation en cinq cessions de tournage, la sixième ayant été abolie à cause de la pandémie.

Dédié à Matthieu Mangematin, ingénieur du son, décédé d’une tumeur au cerveau à l’âge de vingt-six ans.

Aïssa Maïga est une comédienne française révélée au public avec son rôle dans Les poupées russes de Cédric Klapisch. Suite à sa nomination aux Césars comme meilleur espoir féminin pour son rôle dans Bamako d’Abderrahmane Sissako, elle est remarquée dans des comédies populaires françaises Il a déjà tes yeux et Bienvenue à Marly Gomont. Elle a notamment été choisie pour interpréter des partitions dramatiques dans The boy who harnessed the wind de Chiwetel Ejiofor et Taken down de David Caffrey. En 2021, l’actrice tourne dans la série anglaise The Fear Index, le long métrage d’Andrea Bescond et Eric Metayer, Quand tu seras grand ainsi que dans le film américain The man who saved Paris. Aïssa Maïga a co-réalisé avec Isabelle Simeoni pour la télévision Regard Noir, un documentaire tourné au Brésil, aux États-Unis et en France sur la place des femmes noires dans les fictions et les solutions pour l’inclusion de tous les talents. Marcher sur l’eau est son premier long métrage documentaire pour le cinéma.

En 2021, plusieurs festivals ont programmé le film : Festival de Cannes (France), catégorie Cinéma pour le climat, CinemAmbiente Environmental Film Festival de Turin (Italie), Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina Faso), Cinemania de Montréal (Québec), Colcoa French Film Festival de Los Angeles (Californie), Festival International de Film de Los Cabos (Mexique), AfryKamera de Varsovie (Pologne) et Festival du film de Göteborg (Suède).

Cinémathèque québécoise
Salle principale
335, De Maisonneuve Est
Montréal

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