Héritière de Marie-Laure M Rozas
Canada 2022 – 18 minutes en langue française.
Défenderesse des piliers d’un vaudou pur au nom de ses ancêtres, la réalisatrice plonge le spectateur dans une vision authentique au quotidien.
Par Corinne Bénichou
Née dans une famille de vaudou, la cinéaste invite l’assistance à ne pas avoir peur. Avec ce court métrage, elle démystifie cette pratique traditionnelle et son côté malin en offrant une façon différente de croire en cette magie.
La création de la page Facebook nommée Phénix offre une autre vision, une façon positive de croire au vaudou.
Guadeloupéenne d’origine, Marie-Laure Rozas réside au Québec depuis près de vingt ans. Elle a vécu dans la capitale nationale, dans la métropole, à Rivière-du-Loup puis à Longueuil. Diplômée de l’Université du Québec à Montréal en animation culturelle, elle a étudié en conception et réalisation de films web à l’École des Métiers du Cinéma et de la Vidéo de Rivière-du-Loup ainsi qu’en réalisation documentaire à l’Institut National de l’Image et du Son. Comme réalisatrice émergente, elle porte un regard valorisant sur la diversité québécoise. Membre de Diversité artistique Montréal et de l’union des artistes depuis plusieurs années, elle s’engage et contribue à la réalisation de plusieurs projets représentatifs de la diversité culturelle, entre autres au festival international de littérature de Montréal et au festival lusophone de Montréal. Elle a conçu Les 3 jours interculturels de Rivière-du-Loup en 2013 et en 2014. Elle est formée également au mime, au théâtre et à la marionnette.
—–
Le roi Exil et sa cour ou la béatitude au bout du pinceau d’Arnold Antonin
Haïti – 2021 – 27 minutes en langue créole avec sous-titres français.
Une fable poétique racontée avec des tableaux apparaissant comme des rêves d’enfant et qui auraient fait, sans aucun doute, le bonheur de Joan Miro.
Par Corinne Bénichou
Ce documentaire plonge le spectateur dans l’univers animiste* de Levoy Exil. Il permet aussi de suivre la démarche onirique d’un des grands maîtres de la peinture haïtienne. Il y est perçu le mystère de Saint Soleil et des Cinq soleils. À cette occasion, un bel hommage est rendu à André Malraux.
Le parcours de cet homme multidisciplinaire (peintre, sculpteur, maçon, chanteur) est raconté à travers les différentes entrevues accordées par l’artiste, sa famille, les expositions de ses œuvres, ses rencontres, ses couleurs fétiches et son procédé artistique. Il est à noter qu’une rue porte son nom.
Selon ce créateur, le soleil ne dort pas, il change de quartier ! Quelle belle expression pour décrire le circuit solaire.
Homme aux carrières diverses, Arnold Antonin est connu tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Perle des Antilles pour son engagement social, politique et culturel. Docteur en économie, avec une maîtrise en droit économique international, il a été professeur à l’Université d’État, à l’École nationale des arts et directeur du centre Pétion-Bolivar d’Haïti. Il a réalisé une cinquantaine de films, longs et courts métrages, documentaires et fictions, qui ont gagné des nombreux prix.
Le prix Paul Robeson du meilleur film de la diaspora africaine au festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina Faso) lui a été décerné trois fois de suite. Il a également gagné le prix du documentaire au Femi (Guadeloupe) et à Écrans Noirs de Yaoundé (Cameroun) pour Jacques Roumain, la passion d’un pays. Le prix Détroit de Magellan lui a été remis par le Chili en 2020. Il a remporté en 2021 le prix du meilleur moyen ou court métrage documentaire et le prix du développement durable au festival international de cinéma Vues d’Afrique pour Ainsi parla la mer.
* L’animisme est la croyance en un esprit, une force vitale, qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu’en des génies protecteurs.
—–
Lève tes morts/famadihana* d’Hugo Rousselin
Avec Elica Rajoeliarisoa, Damien Bonnard, Didier Labbé et Christophe Réveille.
Île de la Réunion 2021- 15 minutes en langues française, créole et malgache avec sous-titres anglais.
1752, la Réunion. Soa (E. Rajoeliarisoa), une ancienne esclave malgache doit faire face à un choix inéluctable, abandonner sa famille ou fuir pour enfin rentrer chez elle.
Par Corinne Bénichou
Le réalisateur de ce court métrage, filmé en décors naturels, propose à sa protagoniste principale, qui pense avoir trouvé un tunnel la ramenant à Madagascar, de faire un choix difficile quand son village de marrons tombe sous la menace de chasseurs d’esclaves.
Le cinéaste montre, par des images de chasse à l’homme, que la vie de ces habitants ne tenait qu’à un fil et au bon vouloir des prétendus maîtres de l’époque !
Cette histoire se termine par une chanson à la gloire de Madagascar.
Hugo Rousselin est poète et réalisateur. Grâce au Groupe de recherches et d’essais cinématographiques (G.R.E.C.), il réalise son premier court métrage Pays rêvé pays réel . Il y dirige les acteurs Julien Béramis et Damien Bonnard qu’Il retrouve pour son deuxième film, Viré tourné en Guadeloupe. Distribué par Les Valseurs, le film fait sa première française au festival Premiers plans d’Angers et est acheté par France 3.
* Le famadihana est la cérémonie de retournement des morts que célèbrent les familles tous les cinq, sept ou neuf ans selon un calendrier astrologique complexe.
—–
Reine Kayanm de Nicolas Séry
Avec Maxence Tabère, David Érudel, Charlotte Hoarau et Léo Hoarau.
Île de la Réunion 2021 – 21 minutes en langue créole avec sous-titres français.
Ray (M. Tabère), adolescent réunionnais, veut intégrer le groupe de métal de ses amis Léa et Jonathan (C. et L. Hoarau), mais pour cela, il lui faut une vraie batterie. André, son père (D. Érudel), planteur de canne à sucre, lui propose une solution.
Par Corinne Bénichou
Dédié à Naël et Leny, cette fiction explore l’appropriation de l’héritage culturel. Le réalisateur montre à travers le jeune Ray, adolescent rêveur, torturé entre ses racines et la modernité, que l’instrument de musique, légué par sa maman décédée, va lui apporter sérénité et plaisir.
Nicolas Séry est né en 1980 à Melun de parents réunionnais. De retour à La Réunion, il s’interroge sur la place restreinte de la langue et de l’histoire de cette île dans la société ainsi que le manque de représentation et de renseignement, en France comme à La Réunion. Pour lui, filmer des personnages locaux s’exprimant en kréol devient un acte militant.
En 2017, il est lauréat à Talents La Kour, dispositif d’accompagnement développé par Cinékour, ce qui l’amène à décrire son scénario sur Reine Kayanm aux Rencontres Talents en Court au Comedy Club de Paris, où il rencontre Anne Berjon, productrice de Mondina Films. Il adhère alors à la Maison du film et poursuit son travail d’écriture. Il fera partie ensuite des vingt sélectionnés du Label Scénario.
En 2021, plusieurs festivals ont accueilli la création de Nicolas Séry : Festival Court Derrière de Saint-Benoît et Festival du Film Court de Saint Pierre (île de la Réunion), Cinébanlieue (France), Dakar Court (Sénégal), Écrans Noirs de Yaoundé (Cameroun), Festival International du Film Africain (Cameroun), Festival Internacional de Cine de Cali (Colombie) et ShortCut Cinefest de Bucharest (Roumanie).
—–
Zanapokonolo de Mamy Tiana Raberahona
Madagascar 2021 – 20 minutes en langue malgache avec sous-titres français.
À quel point le destin chaotique du pays peut-il restructurer le parcours de l’individu ? À la veille de l’élection présidentielle de 2018, il est exposé des réalités sociales cachées, où des portraits de la communauté malgache côtoient des images d’une noyade accidentelle, afin de montrer la désillusion terrible d’une société en obsolescence.
Par Corinne Bénichou
Le réalisateur de Zanapokonolo ou Gens de Tanà ne prétend pas offrir, ici, un portrait exhaustif de la capitale Tananarive, mais révèle une infime réalité de la ville.
À travers les commentaires de la population sur les ondes d’une station de radio locale, les vues du fleuve, de la mort et de son rituel, ce documentaire, qui porte sur la situation économique et politique, décrit avec beaucoup de véracité les conditions dans lesquelles le peuple vit au quotidien.
Journaliste et anthropologue, Mamy Tiana Raberahona réalise, en 2010, son premier film Les gardiens du temple. Depuis, il a travaillé pour des diffuseurs francophones sur la production d’émissions telles que La route de l’impossible. En 2020, il a décidé de se consacrer au cinéma documentaire. Zanapokonolo est le premier fruit de cette reconversion.
—–
MADA ou l’histoire du premier homme de Laurent Pantaléon
Île de la Réunion 2021 – 10 minutes en langue créole et malgache avec sous-titres français.
Il y a longtemps avant longtemps, les îles de l’océan Indien formaient un immense continent. Il y a longtemps avant longtemps, sur la province de Madagascar naquit le premier homme. Il y a longtemps, pas longtemps avant longtemps, juste longtemps, les hommes falsifièrent cette histoire. Il est temps de rétablir la vérité.
Par Corinne Bénichou
Après La face cachée du père Noël et Baba sifon, voici la plus récente production du réalisateur réunionnais. « Pas de vérité ans une erreur rectifiée », c’est de cette manière que commence le court métrage. Il met en scène un journaliste menant une enquête sur l’origine de l’homme.
Sous forme de documentaire, ne vous y trompez pas tout est écrit et les protagonistes suivent une ligne directrice instaurée par le cinéaste, cette œuvre évoque l’existence de la Lémurie, immense continent dont les îles de l’océan Indien seraient les vestiges en révélant la naissance du premier homme, dans la province de Madagascar.
Il est à noter que l’humour est bien présent dans ce récit instructif, tout comme la transmission orale et le vrai du faux. À vous de démêler la fable de la réalité !
Après un baccalauréat littéraire cinéma et audiovisuel ainsi qu’un diplôme national des arts et techniques à l’école des beaux-arts de la Réunion, Laurent Pantaléon s’installe en indépendant et réalise des travaux photographiques et vidéo autour de l’identité et du patrimoine réunionnais. En 2004, avec le mouvement kino, il met en image plusieurs de ses scenarii. Ces réalisations marquent les prémices de son univers, une mise en scène laissant une place importante à l’image et à la parabole, proche de celle des griots. Pour lui, ce n’est pas l’histoire qui est importante mais la manière de la raconter.
En 2021, plusieurs festivals ont accueilli la création de Laurent Pantaléon : Internacional Films Festival de Parana (Argentine), Festival International de Cinéma de Kinshasa (République démocratique du Congo), Festival du film africain de la Silicon Valley (Californie), Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina Faso), Toile des Palmistes de Cayenne (Guyane française), Festival Internacional de Curtas de Belo-Horizonte (Brésil), Short Film Festival de Canberra (Australie), Rio Alianca Frances (Brésil), Africa International Film Festival du Nigéria, Rencontres du Film Court de Madagascar, Festival International du Cinéma Numérique de Cotonou (Bénin) et Festival International du Film documentaire de Guangzhou (Chine).
Cinémathèque québécoise
Salle Fernand-Seguin
335, De Maisonneuve Est
Montréal