À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Michel Tremblay

Avec : Michel Charette, Madeleine Péloquin, Rose-Anne Déry et Catherine Paquin-Béchard.

Mise en scène : Henri Chassé
Assistance à la mise en scène : Jean Gaudreau
Décors : Loïc Lacroix Hoy
Costumes : Cynthia St-Gelais
Éclairages : Lucie Bazzo
Accessoires : Karine Cusson
Musique : Jean Gaudreau
Maquillages et coiffures : Sylvie Rolland Provost
Visuel de l’affiche : Crédit Martin Girard,
Shoot Studio
Graphisme : Folio & Garetti
Photos de production : Crédit Danny Taillon

Depuis maintenant dix ans, Manon (C. Paquin-Béchard) vit terrée chez elle, incapable de s’extraire de l’horrible drame qui a frappé sa famille. Sa sœur Carmen (R-A. Déry) tente de la secouer mais la jeune femme s’enferme dans une vision mortifère du passé et de la religion. C’est en ces murs que leurs parents, Léopold (M. Charette) et Marie-Louise (M. Péloquin), ont égrené un mariage malheureux, marqué par la déception et l’incapacité à nommer leurs désirs et leurs aspirations. Ensemble, pourtant si loin, les Brassard donnent un sens déchirant à l’expression cellule familiale…

1h20 sans entracte.

Par Corinne Bénichou

Jusqu’au 28 février 2026, cinq ans après le succès de la pièce Le vrai monde ? la vingtième production du Rideau Vert renoue avec Michel Tremblay et le couple Charette/Péloquin.

D’une puissance toujours actuelle, il est brossé, ici, le portrait d’un monde figé. Entremêlant passé et présent, c’est quatre interprétations d’un même drame, quatre visages d’une période marquée par le poids des non-dits et des rêves brisés qui vous est présenté.

Cette histoire commence par une chanson country à la guitare interprétée par Carmen (la future Sainte Carmen de la Main), l’une des filles Brassard, puis c’est dans un décor minimaliste dans les tons de gris que les quatre protagonistes évoluent avec des dialogues intercalés entre les souvenirs des enfants et les altercations des parents. Tout se passe dans la cuisine, pièce maîtresse des logements ou des maisons au Québec.

Le statut de la femme de cette époque y est largement évoqué ainsi que les vingt ans de vie commune. Si le monologue du père, à propos de ses conditions de travail et la boisson comme baume sur ses blessures, vous interpellera, celui de la mère sur le devoir conjugal, ce monstre ravageur, vous submergera ! La pièce Les belles-sœurs est sans nul doute la plus connue de l’auteur québécois mais À toi, pour toujours, ta Marie-Lou en est, assurément, la plus dramatique.

La vibrante Madeleine Péloquin donne vie à ce personnage bouleversant. Elle confirme : « J’ai eu le privilège d’interpréter Albertine, en cinq temps à 30 ans, à 40 ans, Madeleine II dans Le vrai monde ? Aujourd’hui, à 47 ans, c’est Marie-Lou. Les femmes de Tremblay sont nos grands-mères, nos tantes, nos sœurs, nos amies. »

Henri Chassé, metteur en scène, explique : « À la suite d’un drame, les victimes ne partagent pas toujours les mêmes souvenirs, pourtant, chacun(e) est persuadé(e) qu’il(elle) détient la vérité. C’est un aspect du texte qui me passionne, l’exploration de la mémoire traumatique. »

Trois représentations supplémentaires : Dimanche 15 février à 15 heures, samedi 21 et 28 février à 20 heures.

Théâtre du Rideau Vert
4664,Saint-Denis
Montréal
(514) 844-1793
www.rideauvert.qc.ca

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