Exode : Dieux et rois (Exodus : Gods and Kings) de Ridley Scott

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, Ben Kingsley, Sigourney Weaver, Aaron Paul, Joel Edgerton, Indira Varma, John Turturro, Ben Mendelsohn, Golshifteh Farahani, Maria Valverde, Hiam Abbass et  Isaac Andrews.

exode dieux et roisÀ l’âge adulte, Moïse (C. Bale) apprend qu’il est hébreu. Cette révélation le conduira à demander à Ramsès (J. Edgerton) de laisser partir son peuple gardé en esclavage en Égypte depuis quatre cents ans.

Durée : 2h30
Distribution : 20th Century Fox
En salles depuis le 12 décembre 2014

13 ans et plus

Dédié à Tony Scott

Par Corinne Bénichou

Cinquante huit ans après Les dix commandements inoubliables de Cécile B. DeMille, la version contemporaine en 3D de ce drame biblique oscille entre réalisme et effets spéciaux impressionnants. La reconstitution des lieux et du faste de l’époque est somptueuse.

La comparaison avec son prédécesseur est inévitable, car l’histoire de ces faux frères, ici, racontée de façon différente en appuyant sur certains moments au détriment d’autres et commençant à l’âge adulte, traite du même sujet.

Dans les laissés pour compte : La jalousie amoureuse de Ramsès envers Moïse pour les beaux yeux de Néfertari, l’étoffe révélatrice qui transforme le destin d’un peuple, la cérémonie du veau d’or, la colère de Moïse et le fracas des tables de la loi et l’arrivée aux portes de la Terre Promise, pour les plus importants.

Autant Charlton Heston était plus imposant et charismatique que séduisant, Autant Christian Bale est tout le contraire. Ce dernier représente d’avantage l’homme que le prophète. En véritable chef de guerre (la bataille contre les Hittites le prouve), il fait des hébreux, des êtres en révolte et non des victimes. Joel Edgerton, lui, interprète son rôle de manière moins impétueux que le faisait Yul Brunner. Quant aux  rôles secondaires (Ben Kingsley, Sigourney Weaver, Aaron Paul, entre autres), ils sont sous utilisés. Plusieurs (présents dans le long métrage de 1956) sont même inexistants.

Ici, Dieu a l’apparence d’un jeune garçon et non d’un feu sacré. Dans l’absolu, l’enfance représente l’innocence, c’est pourtant lui qui déclenche les dix plaies. Ces catastrophes naturelles, qu’il dirige vers l’Égypte, sont remarquablement rendues. La première qui change l’eau en sang et met en scène des crocodiles voraces est à la fois violente et surprenante !

Avec ce film, le cinéaste (Blade Runner, 1492 : Christophe Colomb, Gladiator, Robin des bois, Le royaume des cieux), qui se définit comme athée, joue sur les deux tableaux. Il donne une explication cartésienne aux miracles (il est scientifiquement prouvé que la mer rouge a des marées au point de pouvoir marcher les pieds quasiment au sec durant les six heures de retrait) et déclenche, juste après, un gigantesque tsunami pour la refermer.

En terminant, ce récit, tiré de l’Ancien Testament (le livre de l’Exode), version Riddley Scott, montre son héros, devenu l’élu, davantage comme un témoin qu’un instigateur des faits et des actions de ce douloureux long périple.

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