Le Joueur d’après Fédor Dostoïevski

Jusqu’au 20 février 2016
Supplémentaires les 14 et 21 février à 15 heures

Mise en scène et adaptation de Gregory Hlady
Scénographie, éclairages et costumes de Vladimir Kovalchuk
Conception sonore de Nikitau
Chorégraphie et mouvement de Jon Lachlan Stewart
Assistance à la mise en scène Marie Fannie Guay

Avec Paul Ahmarani, Peter Batakliev, Alex Bisping, Stéphanie Cardi, Frédéric Lavallée, Danielle Proulx, Évelyne Rompré et Jon Lachlan Stewart.

2h10 sans entracte

 le joueur«Demain, tout va changer» C’est sur ces paroles d’Alexeï Ivanovitch (P. Ahmarani) que s’achève le roman. Comme tous les joueurs invétérés, il persiste à croire que demain la chance tournera…

Par Corinne Bénichou

En pleine écriture de Crime et châtiment, l’auteur est contraint, par son éditeur, de livrer dans des délais impossibles, le fameux ouvrage. Écrit en vingt sept jours, en partie autobiographique, il n’a pas bénéficié de la même préparation. Ici, l’écriture met en lumière des aspects importants de la personnalité de l’écrivain. De plus, il laisse entrevoir les prémisses des personnages qui achèveront de faire de lui ce romancier connu !

Jouer ses passions, son argent ou celui des autres, aucune importance. Être amoureux et ne pas le dire, ne pas se l’avouer, l’exprimer à travers le jeu. D’ailleurs trois rivaux se battent pour une femme !

Il est bien connu que l’addiction, de façon générale, est dévastatrice. Tout extrême est néfaste.

La mise en scène exagérée et extravagante de Gregory Hlady est construite en sept chapitres. Elle offre un jeu de portes, des regards, des cris et du mime dans une pièce bruyante. Elle fait ressortir aussi la complexité des relations humaines, la détresse et la cupidité ainsi que la face cachée des motivations et agissements des personnages « Le joueur est extrêmement actuel, car on vit aujourd’hui une époque de confusion, de crises à tous les niveaux. Le jeu c’est le domaine des dieux. Si on arrive à comprendre les lois du hasard, on devient maitre de son destin. » Une pièce dérangeante tant par son sujet que par ses contrastes de couleurs.

Russes, Français et Allemands pour sept comédiens et un seul accent dans une enclave de villégiature nommée, avec humour, Roulettenbourg. Les protagonistes marchent, rampent et roulent sur une roulette géante peinte sur le plancher.

Danielle Proulx sort vraiment du lot en vieille baronne autoritaire subjuguée par le chiffre 0 et l’appât du gain. Quant à Paul Ahmarani, très présent, tout vêtu de rouge, il livre une prestation solide.

La pièce se termine sur la Sarabande de Georg Friedrich Haendel, trame sonore du film Barry Lindon.

THÉÂTRE PROSPERO
1371, Ontario Est
Montréal
(514) 526-6582
www.theatreprospero.com

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